{"id":202,"date":"2011-10-01T14:11:35","date_gmt":"2011-10-01T12:11:35","guid":{"rendered":"http:\/\/genevieveruiz.com\/en\/la-deceleration-ou-utopie-de-la-modernite\/"},"modified":"2017-01-10T11:23:56","modified_gmt":"2017-01-10T10:23:56","slug":"la-deceleration-ou-utopie-de-la-modernite","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/genevieveruiz.com\/en\/la-deceleration-ou-utopie-de-la-modernite\/","title":{"rendered":"La d\u00e9c\u00e9l\u00e9ration ou l\u2019utopie de la modernit\u00e9"},"content":{"rendered":"<p>Patience, un habitant du royaume d\u2019Utempie, avait jadis besoin de 6h de marche pour annoncer une nouvelle \u00e0 son ami de la ville voisine. Lorsque la technologie est arriv\u00e9e, il lui suffisait de d\u00e9crocher le t\u00e9l\u00e9phone quelques minutes, ce qui lui laissait le temps de faire une sieste ou d\u2019aller nager dans la mer. Au lieu de recopier des livres \u00e0 la main, il fallait seulement appuyer sur le bouton de la photocopieuse. Plus besoin de passer des journ\u00e9es \u00e0 couper du bois, le chauffage automatique se chargeant de chauffer la maison en hiver. Du coup, Patience avait enfin le temps de s\u2019asseoir dans son jardin, de discuter avec sa femme et de faire de la musique. Il \u00e9tait heureux car il avait gagn\u00e9 du temps. L\u2019exc\u00e9dent de temps avait fait de lui un autre homme et d\u2019Utempie une autre soci\u00e9t\u00e9\u2026<\/p>\n<p>C\u2019est avec cette fable que le philosophe et sociologue allemand Hartmut Rosa entame son livre intitul\u00e9 Acc\u00e9l\u00e9ration (Paris, 2010). Pourquoi les avanc\u00e9es technologiques n\u2019ont-elles pas fait d\u2019Utempie une r\u00e9alit\u00e9? C\u2019est la question transversale que se pose ce professeur \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 Friedrich-Schiller de I\u00e9na en Allemagne. Les tenants de la modernit\u00e9 croyaient pourtant fort \u00e0 ce paradis au XIXe si\u00e8cle. \u00abLes avocats du progr\u00e8s n\u2019ont presque jamais dout\u00e9 que l\u2019efficacit\u00e9 technologique et \u00e9conomique moderne finirait par produire une soci\u00e9t\u00e9 harmonieuse et \u00e9mancip\u00e9e du temps\u00bb, explique Hartmut Rosa.<\/p>\n<p>Pourquoi assiste-t-on exactement au contraire, c\u2019est-\u00e0-dire \u00e0 un \u00eatre humain du XXIe si\u00e8cle stress\u00e9 par le temps comme jamais dans l\u2019histoire? Parce que, selon la th\u00e8se de Rosa, l\u2019acc\u00e9l\u00e9ration technique entam\u00e9e avec la modernit\u00e9 a \u00e9t\u00e9 coupl\u00e9e \u00e0 une acc\u00e9l\u00e9ration des changements sociaux et des rythmes de vie. Ces trois ensembles se sont unis pour former une spirale d\u2019acc\u00e9l\u00e9ration incontr\u00f4lable, une soci\u00e9t\u00e9 qui avance \u00abau rythme d\u2019une pente qui s\u2019\u00e9boule\u00bb: la vitesse des transports n\u2019est-elle pas pass\u00e9e de 15 km\/h \u00e0 plus de 1\u2019000 (sans prendre en compte les voyages dans l\u2019espace)? Et s\u2019il fallait, au XVIIIe si\u00e8cle, plusieurs semaines pour rallier l\u2019Europe \u00e0 l\u2019Am\u00e9rique, six heures suffisent aujourd\u2019hui. C\u2019est pourquoi, pour notre soci\u00e9t\u00e9 actuelle, le monde para\u00eet 60 fois plus petit qu\u2019avant 1850. Quant \u00e0 la vitesse de la communication, elle aurait \u00e9t\u00e9 multipli\u00e9e par un facteur de 107 pour le seul XXe si\u00e8cle.<\/p>\n<p>La pression temporelle de nos soci\u00e9t\u00e9s se fait alors si forte qu\u2019elle affecte les identit\u00e9s. Effritement de l\u2019Etat-Nation, des liens interg\u00e9n\u00e9rationnels, de la sph\u00e8re priv\u00e9e et flexibilisation du travail, Hartmut Rosa analyse tous les \u00e9l\u00e9ments de notre soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 travers la loupe du temps. Plut\u00f4t pessimiste au sujet des mouvements de d\u00e9c\u00e9l\u00e9ration, \u00abqui ont exist\u00e9 depuis le d\u00e9but de la modernit\u00e9\u00bb, il les consid\u00e8re comme parasitaires: \u00abDans le processus de modernisation, les forces d\u2019acc\u00e9l\u00e9ration et les forces de d\u00e9c\u00e9l\u00e9ration ne p\u00e8sent pas du m\u00eame poids: les tendances \u00e0 l\u2019inertie peuvent \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9es soit comme des tendances r\u00e9siduelles, soit comme des formes de r\u00e9action aux processus d\u2019acc\u00e9l\u00e9ration et elles sont donc, dans tous les cas, secondaires par rapport aux forces d\u2019acc\u00e9l\u00e9ration.\u00bb Pour le sociologue, notre \u00e9poque, qu\u2019il nomme modernit\u00e9 tardive, est certes caract\u00e9ris\u00e9e par une flexibilisation des structures temporelles, mais elle sert surtout \u00e0 acc\u00e9l\u00e9rer encore plus le rythme de vie, et non \u00e0 le ralentir. Nous avons joint ce philosophe du temps, pendant plus d\u2019une heure, au t\u00e9l\u00e9phone.<\/p>\n<p><strong>Le sentiment de stress et d\u2019urgence constante s\u2019est g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9 chez l\u2019homme du XXIe si\u00e8cle. Comment expliquez-vous ce ph\u00e9nom\u00e8ne?<\/strong> Il s\u2019agit tout d\u2019abord d\u2019un paradoxe: jamais dans l\u2019histoire, l\u2019\u00eatre humain n\u2019a dispos\u00e9 d\u2019autant de technologies lui permettant d\u2019\u00e9conomiser le temps. Il n\u2019a non plus jamais dispos\u00e9 d\u2019autant de temps libre. Jamais non plus, l\u2019homme n\u2019a fait autant d\u2019efforts pour gagner du temps: le fast-food permet de manger rapidement, le speed-dating de rencontrer un partenaire plus vite, le multitasking de r\u00e9aliser plusieurs t\u00e2ches simultan\u00e9ment ou la turbosieste de se relaxer en quelques minutes. Alors pourquoi ce sentiment r\u00e9pandu de stress et d\u2019urgence permanente, \u00e0 tel point qu\u2019il est devenu une caract\u00e9ristique fondamentale de notre soci\u00e9t\u00e9? Parce que, de nombreuses \u00e9tudes le montrent, le nombre d\u2019actions par unit\u00e9 de temps n\u2019a cess\u00e9 de cro\u00eetre depuis le d\u00e9but de l\u2019\u00e8re industrielle.<\/p>\n<p>Les actions par unit\u00e9 de temps ont augment\u00e9 car jamais nous n\u2019avons eu autant de possibles ouverts. On peut \u00e9couter la musique du monde entier en quelques clics, prendre l\u2019avion pour quelques dizaines de francs, suivre des formations dans tous les domaines. Le probl\u00e8me ne r\u00e9side plus, comme dans la pr\u00e9modernit\u00e9, dans le nombre des possibles \u00e0 disposition, mais dans les ressources temporelles limit\u00e9es qui permettent de les r\u00e9aliser. Dans la t\u00eate de l\u2019individu actuel se bousculent sans arr\u00eat des injonctions comme \u00abil faut que je m\u2019inscrive \u00e0 ce cours de yoga, que je lise le dernier livre paru, que j\u2019envoie mes enfants \u00e0 des cours de chinois, que je participe \u00e0 cette soir\u00e9e de r\u00e9seautage et que je ne manque pas cette derni\u00e8re formation continue indispensable\u2026 \u00bb<\/p>\n<p>Il s\u2019agit d\u2019une suite sans fin d\u2019injonctions, qui nous font perdre du temps \u00e0 force de devoir effectuer des choix et coordonner nos diff\u00e9rentes activit\u00e9s. Surtout, elles sont devenues obligatoires en raison d\u2019une comp\u00e9tition accrue de la soci\u00e9t\u00e9, au c\u0153ur de la spirale d\u2019acc\u00e9l\u00e9ration que nous vivons.<\/p>\n<p><strong>Dans votre livre, vous constatez que le rythme de vie n\u2019a pas augment\u00e9 \u00e0 cause de, mais en d\u00e9pit des avanc\u00e9es technologiques. N\u2019existe-t-il donc pas de lien de cause \u00e0 effet entre la technologie et l\u2019acc\u00e9l\u00e9ration?<\/strong> Les avanc\u00e9es technologiques auraient pu nous mener vers une soci\u00e9t\u00e9 moins stressante, dans laquelle les acteurs auraient davantage de temps. Envoyer un e-mail prend nettement moins de temps que d\u2019\u00e9crire une lettre. Mais c\u2019est le contraire qui s\u2019est pass\u00e9. Ce que j\u2019essaie de montrer, c\u2019est que l\u2019acc\u00e9l\u00e9ration technologique n\u2019entra\u00eene pas forc\u00e9ment une acc\u00e9l\u00e9ration sociale. Or dans notre soci\u00e9t\u00e9, nous vivons un couplage des deux, pour des raisons historico-culturelles complexes: les technologies nous permettent d\u2019agir et de nous d\u00e9placer toujours plus vite, et simultan\u00e9ment, la pression \u00e0 la production et les changements sociaux de nos vies (divorces, d\u00e9m\u00e9nagements, changements de m\u00e9tiers, etc.) s\u2019acc\u00e9l\u00e8rent \u00e9galement. Le couplage de ces deux ph\u00e9nom\u00e8nes, qui se nourrissent, donne lieu \u00e0 l\u2019acc\u00e9l\u00e9ration incontr\u00f4l\u00e9e de notre \u00e9poque et l\u2019impression pour le sujet, de se trouver constamment sur une pente qui s\u2019\u00e9boule.<\/p>\n<p><strong>Vous \u00e9voquez souvent une dissolution de l\u2019identit\u00e9. De quoi s\u2019agit-il?<\/strong> La p\u00e9riode que nous vivons actuellement conna\u00eet une telle acc\u00e9l\u00e9ration que des ph\u00e9nom\u00e8nes auparavant stables, comme le travail ou le conjoint, deviennent fluides et provisoires. Cela affecte \u00e9videmment l\u2019identit\u00e9 et la mani\u00e8re d\u2019\u00eatre au monde de l\u2019homme. Auparavant, l\u2019individu s\u2019identifiait comme suit: \u00abJe suis boulanger, j\u2019habite \u00e0 Paris, je suis mari\u00e9 \u00e0 Mireille et je vote socialiste.\u00bb Cela s\u2019est transform\u00e9 en: \u00abJe travaille actuellement comme boulanger, je loge pour l\u2019instant \u00e0 Paris avec Mireille et je voterai socialiste aux prochaines \u00e9lections.\u00bb L\u2019\u00eatre humain s\u2019identifie maintenant au moyen de situations temporaires. Les seuls ilots de stabilit\u00e9 seraient les liens parents-enfants, qui eux s\u2019inscrivent dans la dur\u00e9e. La vie devient donc une succession d\u2019\u00e9v\u00e8nements et de situations, qui s\u2019encha\u00eenent avec une telle rapidit\u00e9 que nous n\u2019avons plus le temps de les assimiler. Nous vivons quantit\u00e9s d\u2019exp\u00e9riences, mais de fa\u00e7on superficielle. Et comme nous ne les int\u00e9grons plus dans notre identit\u00e9, par manque de temps, nous avons l\u2019impression que notre vie d\u00e9file encore plus vite, car elle para\u00eet vide.<\/p>\n<p><strong>En quoi l\u2019acc\u00e9l\u00e9ration actuelle affecte-t-elle le syst\u00e8me politique et la d\u00e9mocratie?<\/strong> L\u2019acc\u00e9l\u00e9ration vertigineuse des flux financiers, commerciaux et migratoires, regroup\u00e9s commun\u00e9ment sous le terme de mondialisation, affaiblit les Etats-Nations et les d\u00e9mocraties. Parce que ces derniers fonctionnent \u00e0 un rythme bien plus lent et selon des processus qui ne peuvent pas aller plus vite. Jusqu\u2019\u00e0 la fin du XXe si\u00e8cle, l\u2019Etat avait permis une gigantesque acc\u00e9l\u00e9ration de l\u2019\u00e9conomie et des infrastructures, en instaurant par exemple des monnaies uniques, en unifiant les langues, ou en investissant dans les infrastructures ferroviaires. Depuis la fin de la guerre froide environ, il est devenu une entrave \u00e0 la nouvelle vague d\u2019acc\u00e9l\u00e9ration. Sa seule mani\u00e8re d\u2019\u00eatre d\u00e9sormais en phase avec le rythme de la soci\u00e9t\u00e9 consiste \u00e0 d\u00e9r\u00e9guler\u2026 Pour lui permettre de fonctionner plus vite. D\u2019o\u00f9 une perte de contr\u00f4le de la soci\u00e9t\u00e9 sur elle-m\u00eame et un affaiblissement consid\u00e9rable de la d\u00e9mocratie.<\/p>\n<p><strong>Vous d\u00e9finissez tout de m\u00eame un certain nombre d\u2019ilots de d\u00e9c\u00e9l\u00e9ration dans notre soci\u00e9t\u00e9. Quels sont-ils?<\/strong> J\u2019analyse cinq formes de d\u00e9c\u00e9l\u00e9ration. La premi\u00e8re rel\u00e8ve des limites naturelles de la vitesse. C\u2019est-\u00e0-dire qu\u2019il existe d\u2019\u00e9videntes limites physiques, biologiques ou anthropologiques, \u00e0 l\u2019acc\u00e9l\u00e9ration, comme la vitesse du cerveau, la grossesse ou le renouvellement des mati\u00e8res premi\u00e8res naturelles. J\u2019observe ensuite des niches territoriales, sociales et culturelles, qui ont en partie \u00e9chapp\u00e9 aux processus de la modernit\u00e9, comme certaines sectes ou les communaut\u00e9s Amish de l\u2019Ohio. Puis viennent les ralentissements dysfonctionnels, qui repr\u00e9sentent des contrecoups non intentionnels au processus d\u2019acc\u00e9l\u00e9ration: les embouteillages ou les d\u00e9pressions en sont des exemples. Une quatri\u00e8me forme de la d\u00e9c\u00e9l\u00e9ration a trait \u00e0 l\u2019id\u00e9ologie. Elle existe depuis le d\u00e9but de la modernit\u00e9 et a toujours accompagn\u00e9 les diff\u00e9rentes vagues d\u2019acc\u00e9l\u00e9ration. On se souvient par exemple des r\u00e9sistances \u00e0 l\u2019introduction du chemin de fer ou du t\u00e9l\u00e9graphe. Actuellement c\u2019est le mouvement slow qui incarne cette r\u00e9sistance. Pour finir, j\u2019observe un ph\u00e9nom\u00e8ne de p\u00e9trification structurelle de certaines institutions. C\u2019est \u00e0 mon sens le mouvement de d\u00e9c\u00e9l\u00e9ration le plus puissant de notre soci\u00e9t\u00e9. L\u2019id\u00e9e est que l\u2019\u00e9volution interne des soci\u00e9t\u00e9s modernes est en proie \u00e0 une paralysie. L\u2019Etat-Nation, la bureaucratie ou le folklore sont des exemples de cette p\u00e9trification, qui a conduit des sp\u00e9cialistes \u00e0 parler de \u00abfin de l\u2019histoire\u00bb.<\/p>\n<p><strong>Vous consid\u00e9rez la d\u00e9c\u00e9l\u00e9ration comme un ph\u00e9nom\u00e8ne parasitaire. N\u2019est-ce pas un peu pessimiste?<\/strong> Il est vrai que je consid\u00e8re que dans le processus de modernisation, les forces d\u2019acc\u00e9l\u00e9ration et de d\u00e9c\u00e9l\u00e9ration forment une lutte en faveur de la premi\u00e8re. Les mouvements de d\u00e9c\u00e9l\u00e9ration id\u00e9ologiques, comme le slow actuel, ont toujours \u00e9t\u00e9 le fait d\u2019intellectuels plut\u00f4t nantis, critiques \u00e0 l\u2019\u00e9gard du capitalisme. Ils peuvent parfois m\u00eame servir \u00e0 mieux acc\u00e9l\u00e9rer, si l\u2019on prend l\u2019exemple du yoga, qui permet avant tout de booster les performances du cerveau. Ou les vacances, qui repr\u00e9sentent une oasis de d\u00e9c\u00e9l\u00e9ration temporaire pour mieux red\u00e9marrer ensuite. Il est trop t\u00f4t pour affirmer que des mouvements comme la d\u00e9croissance ou le slow food ne deviendront pas fondamentaux \u00e0 l\u2019avenir. Pour l\u2019instant, je pense qu\u2019ils rel\u00e8vent de la cosm\u00e9tique. Je consid\u00e8re que l\u2019hyper-acc\u00e9l\u00e9ration que nous connaissons en ce d\u00e9but de XXIe si\u00e8cle va conduire \u00e0 des mutations anthropologiques sans pr\u00e9c\u00e9dent et qu\u2019il sera difficile de revenir en arri\u00e8re. On observe d\u00e9j\u00e0 que les capacit\u00e9s c\u00e9r\u00e9brales des enfants se sont modifi\u00e9es.<\/p>\n<p><strong>Le mythe d\u2019Utempie ne pourra donc jamais \u00eatre atteint\u2026<\/strong> Pour l\u2019instant, je suis plut\u00f4t pessimiste car les structures fondamentales de notre soci\u00e9t\u00e9 poussent encore \u00e0 une hyper-acc\u00e9l\u00e9ration des processus sociaux. Mais il est possible que nous atteignions un jour un tel stade de vitesse, que tout deviendra incontr\u00f4lable et que l\u2019\u00e9difice s\u2019\u00e9croulera. Je suis convaincu que le mythe d\u2019Utempie serait plausible, dans le sens o\u00f9 l\u2019\u00eatre humain pourrait \u00eatre \u00e0 m\u00eame de mieux profiter des technologies qu\u2019il a invent\u00e9es, au lieu de se laisser contr\u00f4ler par elles. Nous menons d\u2019ailleurs des recherches dans ce sens avec mes coll\u00e8gues. Les r\u00e9sultats permettront peut-\u00eatre enfin \u00e0 l\u2019humanit\u00e9 d\u2019atteindre cette utopie de la modernit\u00e9 d\u00e9c\u00e9l\u00e9r\u00e9e, tant convoit\u00e9e\u2026<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dans son livre Acc\u00e9l\u00e9ration, le philosophe Hartmut Rosa explique pourquoi l\u2019homme moderne est toujours davantage press\u00e9 par le temps, en d\u00e9pit des progr\u00e8s technologiques. Une spirale de vitesse que la seule id\u00e9ologie de la d\u00e9croissance ne serait pas \u00e0 m\u00eame de stopper.<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[11],"tags":[],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/genevieveruiz.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/202"}],"collection":[{"href":"https:\/\/genevieveruiz.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/genevieveruiz.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/genevieveruiz.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/genevieveruiz.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=202"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/genevieveruiz.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/202\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":270,"href":"https:\/\/genevieveruiz.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/202\/revisions\/270"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/genevieveruiz.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=202"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/genevieveruiz.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=202"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/genevieveruiz.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=202"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}