{"id":196,"date":"2010-08-19T11:17:05","date_gmt":"2010-08-19T09:17:05","guid":{"rendered":"http:\/\/genevieveruiz.com\/en\/ados-en-ligne-amour-insultes-harcelement\/"},"modified":"2017-01-10T11:20:49","modified_gmt":"2017-01-10T10:20:49","slug":"ados-en-ligne-amour-insultes-harcelement","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/genevieveruiz.com\/en\/ados-en-ligne-amour-insultes-harcelement\/","title":{"rendered":"Ados en ligne: amour, insultes et harc\u00e8lement"},"content":{"rendered":"<p>\u00abTu es ma meilleure amie pour toujours\u00bb ou \u00abJe t\u2019adore cousin\u00bb: sur les r\u00e9seaux sociaux, les jeunes passent le plus clair de leur temps \u00e0 exprimer des sentiments tr\u00e8s fleur bleue. \u00abLeur vocabulaire est ultraromantique, observe Claire Balleys, sociologue \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Fribourg, qui termine sa th\u00e8se sur le sujet. Leur activit\u00e9 sur l\u2019internet est avant tout relationnelle et elle prolonge celle de la cour de r\u00e9cr\u00e9ation.\u00bb A un \u00e2ge o\u00f9 l\u2019on cherche \u00e0 se distancier du cercle familial, montrer que l\u2019on a beaucoup d\u2019amis ou une copine donne l\u2019impression de faire partie des \u00abgrands\u00bb. \u00abSur internet, les jeunes tra\u00eenent ensemble, draguent, parlent de comm\u00e9rages, se taquinent ou partagent leurs bons plans, explique Olivier Glassey, sociologue sp\u00e9cialis\u00e9 dans les technologies de l\u2019information \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Lausanne. Ils passent beaucoup de temps \u00e0 se faire des commentaires mutuels et \u00e0 s\u2019espionner.\u00bb<\/p>\n<p><strong>Deux heures par jour. <\/strong>D\u2019apr\u00e8s une grande enqu\u00eate men\u00e9e par l\u2019association fran\u00e7aise Fr\u00e9quence \u00e9coles dont les r\u00e9sultats sont parus au printemps dernier, plus de 90% des jeunes poss\u00e8dent actuellement un compte Facebook. Ils surfent en moyenne 2 heures par jour. Leur deuxi\u00e8me site de r\u00e9f\u00e9rence est MSN, qui leur permet de discuter en ligne avec des amis de mani\u00e8re plus priv\u00e9e, dans des \u00abchatrooms\u00bb. Sur le net, les adolescents se cr\u00e9ent un monde \u00e0 eux, dans lequel ils discutent et restent entre eux. Ils s\u2019adressent de longues missives sentimentales et les articles qu\u2019ils \u00e9crivent traitent essentiellement de leurs amis, de leur copain ou copine. La notion de dur\u00e9e de la relation appara\u00eet de fa\u00e7on r\u00e9currente avec des \u00abje t\u2019adore pour la vie\u00bb, \u00abtu seras toujours tout pour moi\u00bb, \u00abje ne pourrais jamais vivre sans toi\u00bb ou encore \u00abtu es l\u2019homme de ma vie\u00bb. Avec les r\u00e9seaux sociaux, les jeunes trouvent une sc\u00e8ne sociale pour exprimer des sentiments qu\u2019ils ne peuvent pas partager avec la m\u00eame intensit\u00e9 dans la vie r\u00e9elle. Les gar\u00e7ons sont aussi tr\u00e8s sentimentaux entre eux, avec des \u00abmon fr\u00e8re\u00bb, \u00abmon cousin\u00bb, des \u00abje t\u2019embrasse\u00bb, voir des \u00abje t\u2019aime\u00bb.<\/p>\n<p>Des \u00e9motions et des passions que les psychologues consid\u00e8rent comme faisant partie int\u00e9grante de l\u2019adolescence. \u00abInternet convient tr\u00e8s bien aux jeunes car il leur permet de s\u2019exprimer dans un univers auquel les adultes ont tr\u00e8s peu acc\u00e8s\u00bb, observe le psychologue Philippe Jaff\u00e9. Sur les r\u00e9seaux sociaux, les adolescents \u00e9vitent d\u2019ailleurs les intrusions des adultes et ne parlent pratiquement jamais de leurs parents, ni de leurs professeurs. Selon l\u2019\u00e9tude de Fr\u00e9quence \u00e9coles, le web leur sert avant tout \u00e0 maintenir des liens avec leurs proches, pas \u00e0 en cr\u00e9er de nouveaux. Loin d\u2019\u00eatre des explorateurs de la toile, les jeunes se rendraient en majorit\u00e9 toujours sur les m\u00eames sites pour discuter avec le m\u00eame cercle d\u2019amis, qu\u2019ils auront probablement d\u00e9j\u00e0 vus la journ\u00e9e.<\/p>\n<p><strong>Des insultes qui d\u00e9rapent. <\/strong>Mais les adolescents n\u2019utilisent pas seulement le registre romantique sur les chats. Les insultes et les attaques personnelles sont l\u00e9gion. \u00abA l\u2019adolescence, le sentiment d\u2019appartenance \u00e0 un groupe devient tr\u00e8s important, explique Claire Balleys. Il implique souvent une exclusion de certaines personnes, dans le genre \u201ceux sont mes vrais amis, mais ceux-l\u00e0 ne le sont pas\u201d.\u00bb Les r\u00e9seaux sociaux se r\u00e9v\u00e8lent de formidables outils de stigmatisation avec leurs possibilit\u00e9s de classements cat\u00e9goriques, d\u2019acceptation ou de refus d\u2019un \u00abami\u00bb et de commentaires vus par tous. D\u00e9sinhib\u00e9s par cet environnement virtuel, les adolescents peuvent s\u2019y d\u00e9cha\u00eener.<\/p>\n<p>Avec des commentaires lourds et triviaux comme \u00absale pute\u00bb, \u00absalope\u00bb ou \u00abp\u00e9d\u00e9\u00bb, ainsi que des groupes Facebook cr\u00e9\u00e9s contre une personne en particulier (exemple: \u00abPour virer cette truie de l\u2019\u00e9cole\u00bb ou \u00abCeux qui d\u00e9testent Laure\u00bb), les limites de biens\u00e9ance sont souvent d\u00e9pass\u00e9es. \u00abPlusieurs centaines de jeunes peuvent rapidement adh\u00e9rer \u00e0 ce genre de groupe en quelques clics, sans se rendre compte des cons\u00e9quences pour la personne vis\u00e9e\u00bb, observe Tiziana Bellucci, directrice de l\u2019association Action Innocence. Elle rapporte \u00e9galement des propos d\u2019une violence rare tels que \u00abTu devrais mettre un terme \u00e0 ta vie\u00bb.<\/p>\n<p>\u00abLa logique d\u2019exclusion et de rejet qui sous-tend ces comportements existait d\u00e9j\u00e0 bien avant internet\u00bb, souligne Claire Balleys. Mais alors qu\u2019il s\u2019agissait de simples rumeurs, les insultes sont maintenant \u00e9crites et comment\u00e9es en direct. Elles resteront ensuite sur la toile. \u00abC\u2019est tout le paradoxe du monde virtuel, car il mat\u00e9rialise ce qui avant n\u2019\u00e9tait qu\u2019un comm\u00e9rage et lui donne ainsi une plus grande ampleur\u00bb, consid\u00e8re Olivier Glassey. L\u2019internet m\u00e8ne donc la vie dure aux boucs \u00e9missaires et complexifie les relations entre les adolescents.<\/p>\n<p>\u00abLes insultes \u00e9crites sont beaucoup plus traumatisantes pour la victime, surtout lorsqu\u2019elles prennent la forme de harc\u00e8lement, estime Philippe Jaff\u00e9. Les mises \u00e0 l\u2019\u00e9cart virtuelles se font au vu et au su de toute l\u2019\u00e9cole et surtout, il reste une trace bien des ann\u00e9es apr\u00e8s. R\u00e9cemment, il y a eu le cas d\u2019une adolescente am\u00e9ricaine qui s\u2019est suicid\u00e9e suite \u00e0 un cyberharc\u00e8lement. C\u2019est dire si la situation peut prendre une tournure dramatique.\u00bb Pour Serge Pochon, directeur de la plateforme Telme.ch, qui offre un soutien psychologique aux adolescents et \u00e0 leurs parents, les r\u00e9seaux sociaux repr\u00e9sentent une caisse de r\u00e9sonance d\u2019une maltraitance et d\u2019un manque de respect qu\u2019il a vu cro\u00eetre entre les jeunes ces derni\u00e8res ann\u00e9es. \u00abCertains d\u2019entre eux se l\u00e2chent dans ce contexte, ils exp\u00e9rimentent tout et n\u2019importe quoi en pensant \u00eatre prot\u00e9g\u00e9s par l\u2019anonymat.\u00bb<\/p>\n<p><strong>Un univers tr\u00e8s normatif. <\/strong>Le comportement tr\u00e8s normatif des jeunes sur l\u2019internet a \u00e9galement frapp\u00e9 Claire Balleys, qui a suivi les activit\u00e9s en ligne de plusieurs classes de Genevois entre 12 et 16 ans. \u00abCes r\u00e9seaux consacrent le statut de chacun et la hi\u00e9rarchie \u00e9tablie dans le groupe. On observe une tension constante entre le besoin de se distinguer en tant qu\u2019individu et le besoin de s\u2019affilier \u00e0 une \u201ctribu\u201d. Tout le monde cherche \u00e0 avoir le plus d\u2019amis possible, mais surtout \u00e0 \u00eatre ami avec les figures les plus populaires de son \u00e9cole. On n\u2019insulte ensuite pas n\u2019importe qui, sous peine d\u2019\u00eatre sanctionn\u00e9. Le contr\u00f4le social est tellement fort, que certains jeunes n\u2019osent pas effacer les injures prof\u00e9r\u00e9es \u00e0 leur \u00e9gard.\u00bb<\/p>\n<p>Sur les r\u00e9seaux sociaux, les adolescents sont en recherche de ce que les sp\u00e9cialistes appellent l\u2019\u00abextimit\u00e9\u00bb: ils y d\u00e9voilent des facettes de leur intimit\u00e9 pour les faire valider par leurs amis, gr\u00e2ce aux options qui permettent d\u2019exprimer des \u00abj\u2019aime\u00bb ou \u00abje n\u2019aime pas\u00bb en un clic.<\/p>\n<p>Ils veulent se faire remarquer et faire r\u00e9agir les autres, sur le mod\u00e8le de Google qui valorise ce qui est le plus consult\u00e9. C\u2019est une sorte de \u00abgooglisation\u00bb de l\u2019estime de soi. \u00abInternet n\u2019est pas forc\u00e9ment la cause de ces comportements, analyse la psychologue lausannoise Adriana Bouchat-Trezzini. Il s\u2019agit \u00e9galement d\u2019un reflet de notre soci\u00e9t\u00e9 et de la t\u00e9l\u00e9-r\u00e9alit\u00e9, qui valorise les jeux de r\u00f4les et dans laquelle on devient quelqu\u2019un si l\u2019on parle de nous. Les jeunes ne font qu\u2019imiter cela.\u00bb<\/p>\n<p><strong>Une influence sur l\u2019identit\u00e9. <\/strong>Quelles seront les cons\u00e9quences de la fr\u00e9quentation assidue des r\u00e9seaux sociaux sur l\u2019identit\u00e9 des jeunes? \u00abIl est difficile d\u2019imaginer que cela n\u2019aura pas d\u2019influence dans leurs relations \u00e0 autrui, estime Olivier Glassey. Ils passent un temps \u00e9norme sur ces plateformes, qui repr\u00e9sentent une forme in\u00e9dite de sociabilit\u00e9.\u00bb Peut-\u00eatre le terme \u00abami\u00bb va-t-il changer de sens \u00e0 cause de Facebook? Vont-ils d\u00e9velopper d\u2019autres mots ou rituels pour d\u00e9signer les amiti\u00e9s r\u00e9elles? Si davantage de recul est n\u00e9cessaire pour le savoir, les experts consid\u00e8rent d\u00e9j\u00e0 que les adolescents actuels repr\u00e9sentent une g\u00e9n\u00e9ration sacrifi\u00e9e sur l\u2019autel des nouvelles technologies. \u00abIl s\u2019agit d\u2019un univers nouveau, face auquel la soci\u00e9t\u00e9 n\u2019a pas encore invent\u00e9 de r\u00e8gles \u00e9thiques, d\u00e9plore Olivier Glassey. Les adolescents d\u00e9couvrent ces nouvelles technologies \u00e0 un \u00e2ge o\u00f9 leurs sentiments sont exacerb\u00e9s et o\u00f9 ils cherchent \u00e0 transgresser les limites.\u00bb Mais ce qu\u2019ils inscrivent sur la toile y restera.<\/p>\n<p><strong>Encadr\u00e9 1<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><strong>\u00abJTE KIFFE MA BESTAH!\u00bb<\/strong><\/p>\n<p>Les adolescents utilisent leur propre vocabulaire et code d\u2019abr\u00e9viations sur le net, qui s\u2019apparente au langage SMS. Le \u00ableet speak\u00bb (\u00e9criture m\u00e9langeant lettres et chiffres) devient toujours plus pr\u00e9sent et les adaptations de l\u2019anglais sont nombreuses. Lexique pour les plus de 25 ans.<\/p>\n<p><strong>MANIFESTER SON AFFECTION<\/strong><\/p>\n<p>Bestah \/ bestou Meilleur(e) ami(e)<\/p>\n<p>Chiwi Ch\u00e9ri<\/p>\n<p>Jtm, t\u00e8me, jeu th\u00e8me Je t\u2019aime<\/p>\n<p>Kiffer Aimer<\/p>\n<p>Sistaaa S\u0153ur<\/p>\n<p>Jtpqtom Je t\u2019aime plus que tout au monde<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>EXPRIMER UN \u00c9TAT<\/strong><\/p>\n<p>Reb Saoul<\/p>\n<p>Deker Ivre ou \u00abdans un \u00e9tat second\u00bb<\/p>\n<p>Bad-triper Angoisser<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>QUALIFIER UNE PERSONNE<\/strong><\/p>\n<p>Un noob Un d\u00e9butant (dans le sens p\u00e9joratif de \u00abnul\u00bb)<\/p>\n<p>Un troll Un perturbateur sur un forum<\/p>\n<p>Un no life Une personne passant la plupart de son temps libre sur internet<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>LEET SPEAK<\/strong><\/p>\n<p>2m1 Demain<\/p>\n<p>L33t Elite, \u00ables meilleurs\u00bb<\/p>\n<p>B1 Bien<\/p>\n<p>C2 labal C\u2019est de la balle, c\u2019est g\u00e9nial<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>AUTRES ABR\u00c9VIATIONS<\/strong><\/p>\n<p>Xxdr Exploser de rire<\/p>\n<p>Ptdr P\u00e9ter de rire<\/p>\n<p>Omg O my god<\/p>\n<p>Tmtc Toi-m\u00eame tu sais, signifiant \u00abon se comprend\u00bb<\/p>\n<p>Vnr Enerver<\/p>\n<p>Kdl Que dalle, rien<\/p>\n<p>Tg Ta gueule<\/p>\n<p>Nc No comment<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Encadr\u00e9 2<\/strong><\/p>\n<p><strong>Trois questions \u00e0 Olivier Halfon, P\u00e9dopsychiatre et chef du Service universitaire de psychiatrie de l\u2019enfant et de l\u2019adolescent au CHUV.<\/strong><\/p>\n<p><strong>POURQUOI LES JEUNES SE L\u00c2CHENT-ILS SUR L\u2019INTERNET?<\/strong><\/p>\n<p>A partir du moment o\u00f9 on ne voit pas l\u2019autre physiquement, il est nettement plus facile d\u2019exprimer ce que l\u2019on ressent et de rentrer dans l\u2019intimit\u00e9 d\u2019autrui. La p\u00e9riode de l\u2019adolescence est caract\u00e9ris\u00e9e par l\u2019\u00e9veil de la sexualit\u00e9 et par l\u2019agressivit\u00e9, li\u00e9e \u00e0 la transgression des r\u00e8gles. A l\u2019abri du regard parental, l\u2019internet accentue ces comportements.<\/p>\n<p><strong>SE FAIRE INSULTER SUR LE NET EST-IL PLUS TRAUMATISANT?<\/strong><\/p>\n<p>Les boucs \u00e9missaires ont toujours exist\u00e9 dans les \u00e9coles. Mais autrefois, les attaques \u00e9taient des rumeurs qui circulaient entre quelques personnes dans le pr\u00e9au. Maintenant, il s\u2019agit d\u2019articles, de photos ou de vid\u00e9os, vus et comment\u00e9s par toute l\u2019\u00e9cole \u2013 ce qui repr\u00e9sente parfois plus de 1000 personnes \u2013 en direct! C\u2019est beaucoup plus violent pour un jeune et il peut en d\u00e9couler de s\u00e9rieux probl\u00e8mes d\u2019autoestime.<\/p>\n<p><strong>DE NOMBREUX PARENTS IGNORENT CE QUE RACONTENT LEURS ENFANTS SUR LES R\u00c9SEAUX SOCIAUX. QU\u2019EN PENSEZ-VOUS?<\/strong><\/p>\n<p>Je trouve cela normal. Les parents et les adolescents n\u2019appartiennent pas au m\u00eame monde et chacun doit respecter l\u2019autre. Les jeunes ont besoin de se cr\u00e9er leur propre espace d\u2019intimit\u00e9 pour se construire. Les \u00abchats\u00bb font partie de ce processus maintenant. A l\u2019image d\u2019un journal intime, les parents ne doivent pas s\u2019y introduire, \u00e0 moins que l\u2019enfant ne d\u00e9passe les bornes.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Plus de 90% des adolescents romands communiquent chaque jour sur les r\u00e9seaux sociaux. S\u2019ils s\u2019y montrent tr\u00e8s sentimentaux, ils peuvent aussi faire preuve d\u2019une violence ravageuse. Une mine d\u2019enseignements pour les sociologues.<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[11],"tags":[],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/genevieveruiz.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/196"}],"collection":[{"href":"https:\/\/genevieveruiz.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/genevieveruiz.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/genevieveruiz.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/genevieveruiz.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=196"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/genevieveruiz.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/196\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":265,"href":"https:\/\/genevieveruiz.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/196\/revisions\/265"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/genevieveruiz.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=196"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/genevieveruiz.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=196"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/genevieveruiz.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=196"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}